UN CRIME IMPARDONNABLE. Les législateurs chinois, eminemment philantropes, ont montré la plus touchante sollicitude pour le gibier en général, et ils ont été touchés des malheurs de la bécasse en particulier, comme si ça les regardait personnellement. En conséquence tout chinois qui tue un moineau, même en cas de légitime défense, est chargé de fers et condamné à une peine très sévère à moins qu'il ne prouve qu'il avait la permission du mandarin de la commune, du propriétaire du champ, du brigadier de gendarmerie, et du moineau lui-même! --- LE CODE PÉNAL. Les législateurs Chinois ont decreté que tous les accusés comparaîtraient librement devant leurs juges, aussi ne les conduit-on devant le magistrat instructeur qu'entre deux gendarmes et garrottés de menottes, ce qui en fait de liberté ne leur laisse guère que celle d'éternuer. De plus la justice se rend avec tant de promptitude dans le céleste empire qu'il est bien rare qu'un prévenu reste plus de huit mois à attendre son jugement, enfin arrive le jour solennel où il se voit condamner à quinze jours de prison, et le mandarin toqué a la bonté de lui expliquer que ces quinze jours ne se confondent pas avec les huit mois qu'il a déjà passé sous les verroux.

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